La ville à l’heure étudiante

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Villejuif accueille plusieurs établissements et formations, dont l’Efrei, SupBiotech ou l’IFSI de Paul Guiraud. Au total plus de 6 500 étudiants. Des études récentes montrent toutefois une réalité multiple : étudiants de passage, étudiants villejuifois scolarisés ailleurs, publics plus ou moins précaires. La Ville travaille à mieux identifier leurs besoins et faciliter leur accès aux ressources locales.

Contenu vérifié le 30 septembre 2026

Villejuif accueille chaque année plusieurs milliers d’étudiants, mais leur présence reste diffuse : certains viennent seulement pour étudier, d’autres résident sur place tout en étudiant ailleurs.

Plusieurs travaux récents — une note municipale sur l’enseignement supérieur (mars 2024) et deux études de stage (2023 sur le logement, 2024 sur les conditions sociales) — décrivent ainsi davantage une « ville d’étudiants » qu’une « ville étudiante », aux publics multiples et parfois invisibles.

Leur nombre augmentera

Selon ces documents, Villejuif compte deux instituts de recherche, plusieurs écoles et environ 6500 étudiants inscrits dans les établissements implantés sur la commune. Un chiffre appelé à évoluer : « Leur nombre augmentera avec l’ouverture des laboratoires de la ZAC Campus Grand Parc », indique Agathe Gautheron, chargée de mission Projet éducatif de Territoire. L’offre d’enseignement supérieur est largement tournée vers les filières scientifiques et technologiques, avec des écoles comme l’Efrei, l’école d’ingénieurs qui compte près de 5000 étudiants, SupBiotech (ingénieurs en biotechnologies) avec près d’un millier d’étudiants ou encore l’Epita (ingénieurs en informatique) et la toute récente Aivancity (école de l’IA).

Villejuif accueille l’IFSI et l’IFAS de Paul Guiraud - l’Institut de formation en soins infirmiers et l’Institut de formation d’aides-soignants - qui forment plus de 300 étudiants, très majoritairement des jeunes femmes.

Faciliter les rencontres

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Agathe Gautheron, chargée de mission Projet éducatif de Territoire

« L’objectif de mes missions est l’intégration des étudiants au territoire : ouvrir les lieux d’études pour faciliter la rencontre entre étudiants et habitants, permettre aux étudiants d’accéder à la richesse de la vie associative villejuifoise, les accompagner dans des démarches d’accès aux droits », résume Agathe Gautheron. Cela implique de comprendre les besoins des étudiants qui vivent à Villejuif sans étudier sur place : ont-ils besoin d’un appui pour accéder à leurs droits ? Rencontrent-ils des difficultés de budget, d’alimentation ou d’orientation vers les dispositifs existants ? Les études récentes soulignent en tout cas que certains publics restent « invisibles » : étudiants logés dans le diffus (chez leurs parents, en colocation informelle), étudiants en filières moins médiatisées que les grandes écoles, ou jeunes qui ne se reconnaissent pas comme un « public étudiant » identifié.

Les conditions de vie étudiantes, notamment le logement, constituent un enjeu majeur à Villejuif. Malgré la présence de résidences, majoritairement privées, l’accès à des loyers abordables reste difficile. Des alternatives émergent, comme les colocations solidaires de l’AFEV, offrant des loyers réduits en échange d’un engagement bénévole. L’accès à une restauration universitaire étant inégal selon les sites, des partenariats se développent aussi autour de paniers alimentaires à prix réduit et de nouveaux points de restauration.

Colocation solidaire, un dispositif en développement

À Villejuif, l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), acteur engagé, anime des colocations Kaps (Kolocations à Projets Solidaires). Aujourd’hui, 17 jeunes y vivent, en colocations de 3 à 5 personnes dans des logements meublés (sous conditions). Le principe : partager un logement à loyer modéré et s’engager environ 5h par semaine dans un projet solidaire mené avec l’association. Le dispositif, encore de taille limitée, a vocation à se développer si d’autres solutions de logement et partenariats peuvent être mobilisés.

Qui peut candidater ? Jeunes de 18 à 30 ans : étudiants, apprentis, alternants, volontaires en service civique.

Engagement demandé : présence sur l’année universitaire (septembre à juin) et bail d’un an (septembre à fin août). APL possibles ; il faut être en capacité de payer le loyer.

Rentre la vie étudiante « plus visible »

Villejuif participe à « un réseau local piloté par le CROUS de Créteil » et s’associe aux établissements par des conventions, souligne Agathe Gautheron.  En 2025, la Ville a signé la première avec Aivancity (la nouvelle école de l’IA). » L’objectif : mieux coordonner les acteurs, rendre plus lisibles les ressources existantes et, surtout, éviter que les campus ou résidences ne fonctionnent comme des enclaves.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est bien celui du lien. Rendre plus visible la population étudiante plus visible, c’est permettre aux habitants de mieux comprendre cette jeunesse qui participe, elle aussi, au dynamisme social et urbain de la commune.