Prévenir, c’est agir
S’informer, être orienté, reprendre une activité physique ou trouver du soutien face au handicap : la Maison de la prévention et du handicap réunit services et professionnels.
On ne sait pas toujours vers qui se tourner lorsqu’une question de santé ou de handicap se pose. La Maison de la prévention et du handicap (MPH) a justement été pensée pour ça. Les Villejuifoises et les Villejuifois peuvent y venir poser leurs questions, être orientés et découvrir les services qui peuvent les accompagner toute l’année. « L’intérêt, c’est d’avoir un point ressources, où l’on peut venir poser ses questions et trouver une orientation, explique Laurence Heude, directrice de la Santé. Le lieu a été aménagé pour s’y sentir bien. Comme une deuxième maison… »
Située en lieu et place de l’ancien centre dentaire, la MPH accueille aussi le Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), pour les enfants et adolescents rencontrant des difficultés psychologiques, relationnelles, scolaires ou de développement. Son équipe évalue leur situation et propose un suivi ou une orientation.
Retrouver confiance et autonomie
À la MPH, la prévention santé prend ici des formes concrètes : activité physique adaptée, alimentation, art-thérapie ou sensibilisation aux perturbateurs endocriniens. Le collectif Le lien Psy anime aussi un groupe d’expression pour les proches de personnes handicapées. D’autres activités viendront compléter cette offre, avec notamment une cuisine thérapeutique et un jardin potager. L’idée est simple : apprendre, expérimenter et repartir avec des conseils que l’on peut facilement mettre en pratique chez soi.
Des séances d’activité physique adaptée sont organisées pour les personnes qui ne peuvent pas encore rejoindre un club sportif. Ces quelques séances peuvent ainsi constituer une première étape pour bouger davantage, reprendre confiance et retrouver de l’autonomie. « J’accueille beaucoup de mères d’enfant en situation de handicap qui ne font plus d’elles-mêmes une priorité. L’objectif est qu’elles reprennent confiance », souligne Karine Duchauchoi, chargée de mission handicap.
Bien évidemment, la prévention santé ne s’arrête pas aux portes de la MPH. Le service municipal des Sports propose des activités régulières, des rendez-vous en extérieur et des pratiques associant parfois plusieurs membres d’une même famille. Certains temps sont réservés aux femmes afin de lever les freins (physiques ou psychologiques) qui peuvent les tenir éloignées du sport. Du côté des clubs sportifs de la ville, ils sont 21 à proposer une section handisport ou sport adapté. Et nouveauté cette année, les éducateurs du service Jeunesse seront formés à la prévention contre le protoxyde d’azote, ce gaz hilarant dont les effets sont dévastateurs pour la santé. Des interventions dans les collèges sont organisées tout au long de l’année sur la prévention pour les addictions.
Soins de proximité
Prévenir, ce n’est pas seulement empêcher une maladie d’apparaître : c’est aussi éviter son aggravation, préserver l’autonomie, rompre l’isolement et agir avant l’épuisement. Les médecins des centres municipaux de santé (CMS) jouent ce rôle, maintenant une offre de soins de proximité concrètes et adaptés. Ils accueillent des habitants qui peinent à trouver un médecin, à s’orienter dans un parcours de soin ou à utiliser les outils numériques. Et parfois, de repérer d’autres fragilités.
30 minutes
d’activité physique chaque jour permet de baisser de 30% le risque de maladie cardiovasculaire (OMS)
À Villejuif, la présence de grands établissements de santé comme Paul-Brousse, Paul-Guiraud et Gustave-Roussy, fait partie du paysage local mais leur rayonnement dépasse le territoire. Chacun participe, selon ses domaines de compétences (cancer, santé mentale, gériatrie, addiction...) aux grandes campagnes de prévention santé comme : mars bleu, juin vert, Sidaction, vaccination infantile... Et ce mois d’octobre, plusieurs initiatives sont organisées autour d’Octobre rose, prévention du cancer du sein ou de la Semaine d’information sur la santé mentale.
Témoignages
Prévention réelle et accessible
Notre objectif est de rendre la prévention réelle et accessible à tous. Les rendez-vous dans les CMS ne passent donc pas seulement par Doctolib : ils peuvent aussi être pris par téléphone ou à l’accueil. Les patients ne prennent pas directement rendez-vous avec moi : ils me sont adressés par leur médecin généraliste, notamment pour le suivi de maladies chroniques. J’ai alors la chance de disposer d’une heure avec chacun. Ce temps permet de faire le point sur les vaccinations et les dépistages, mais aussi sur l’alimentation, l’activité physique et les consommations de tabac ou d’alcool. Nous partons de la situation de la personne et de ce qu’elle se sent capable de changer.
Tous les mercredis, de 16 h à 18 h, le CMS Manoukian propose une consultation de vaccination gratuite. Les personnes peuvent venir même sans droits ouverts : ni la consultation, ni l’acte, ni le vaccin ne sont facturés. Nous menons également des consultations médicales aux Restos du Cœur pour aller vers des personnes qui ne viennent pas spontanément jusqu’au soin.
Marie Michel, infirmière en pratique avancée, exerce dans les CMS (Centres municipaux de santé) de Villejuif, notamment au CMS Manoukian.
La prévention, avant tout
Philippe Languenou dirige la MCATMS (Maison commune des addictions, des troubles mentaux et de la santé), située 26, rue Jean-Jaurès.
Nous intervenons auprès de tous les élèves, de la 6e à la 3e du collège Jean-Lurçat. Influence du groupe, écrans, tabac, cannabis : les thèmes évoluent avec leur âge. La prévention est assurée par quatre psychologues. Avec des outils ludiques, nous les informons sans porter de jugement et créons les conditions de l’échange. Nous intervenons aussi ponctuellement dans les autres collèges de la ville. La MCATMS participe aussi à des actions menées avec les acteurs de Villejuif, lors de forums, de fêtes et opérations de sécurité routière. Nous formons les professionnels de santé pour les aider à repérer et aborder les conduites à risque.
La prévention, c’est venir avant, auprès des jeunes comme des adultes. Cette approche non jugeante guide aussi notre CAARUD, Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues. Nous y recevons des personnes vulnérables sans exiger de projet préalable. Elles trouvent ici des services essentiels, du matériel de réduction des risques, un accès aux soins et, surtout, un lien.
Aider les aidants
Nous accompagnons des parents d’enfants en situation de handicap, mais aussi des frères, des sœurs, des conjoints. Ces situations prennent beaucoup de place dans leur vie : elles réduisent le sommeil et les loisirs, génèrent des difficultés financières et une charge mentale considérable. Notre regret, c’est que les aidants arrivent souvent déjà épuisés. Ils nous appellent généralement pour obtenir une information ou trouver une solution pour leur proche. Lorsque la confiance s’installe, nous leur demandons : « Et vous, comment allez-vous ? » Nous pouvons alors leur proposer un soutien psychologique, des groupes de parole, de la relaxation. Nous les accompagnons aussi dans certaines démarches. Nous n’avons pas de réponse magique, mais remplir un dossier ensemble permet de se sentir moins seul. Les rendez-vous ont lieu sur place ou à distance, selon leurs disponibilités. L’objectif est de ne pas leur ajouter une contrainte et de pouvoir intervenir suffisamment tôt pour prévenir leur épuisement.
Fanny Perret, coordinatrice sociale, et Alycia Levouin, psychologue, travaillent pour la plateforme d’accompagnement et de répit destinée aux aidants de personnes en situation de handicap, service est porté par Delta 7, association installée à Villejuif.
Une présence rassurante
Stop VSS (Violences sexistes et sexuelles) est une association de l’école Sup’Biotech. Adèle Moreau, Aymeric Trioullier et Romane Valère, membres du bureau, présentent les actions menées par sa quarantaine de membres.
Notre association agit principalement pendant les soirées étudiantes. À l’entrée, nous rappelons que Stop VSS est présente et que chacun peut venir nous voir. Des bénévoles formés, que nous appelons les “sentinelles”, circulent tout au long de la soirée, identifiés par des pulls et gilets violets. Si une personne a été mise mal à l’aise, a subi un geste déplacé ou ne se sent tout simplement pas bien, elle peut nous alerter.
Une « safe place » permet de l’accueillir au calme, de l’écouter et de la rassurer. Nous pouvons ensuite l’orienter vers les ressources adaptées, notamment la plateforme de signalement de l’école. Nous travaillons également avec la Croix-Rouge, présente lors des soirées, en particulier lorsqu’une personne a trop consommé d’alcool. Les retours des étudiants sont très positifs, démontrant que cette prévention est nécessaire. Nous agissons aussi en dehors des soirées, avec des stands, une Semaine de l’égalité et une course contre les VSS organisée en mars au parc des Hautes-Bruyères. Nous cherchons à parler de situations que les étudiants peuvent réellement vivre et à faire en sorte que chacun sache comment réagir.