Petit Lebon, grande innovation
Petite enfance
Entre les murs de l’école Robert-Lebon est installée depuis la rentrée une crèche multi-accueil surprenante. Quinze enfants sont entourés par une équipe dédiée à faciliter leur passage en maternelle.
Julie se balance sur un crocodile à bascule alors que Sarah, sa maman, bébé dans les bras, s’acclimate à cette nouvelle crèche. “Un climat rassurant, on s’y sent bien”, explique la maman qui, auprès de l’équipe, pratique son français.
Depuis le 31 août, 15 petits bouts, dont Julie, sont accueillis pour la première fois dans l’enceint de l’école Robert-Lebon. Devenue hybride, la structure a été en partie réaménagée et repensée comme une étape préparatoire avant le grand saut en maternelle.
Une crèche dans une école, comment est-ce possible ? Le quartier Lebon-Lamartine est en profonde réhabilitation. La crèche a été fermée voilà deux ans. Dans les mois à venir, elle sera remplacée par un grand pôle petite enfance avec d’avantage de berceaux et un relais d’assistantes maternelles. Mais en attendant, et pour ne laisser aucune famille sur le carreau, la Ville a travaillé pour trouver des solutions de garde alternatives. Certaines se sont tournées vers des assistantes maternelles, les plus jeunes enfants ont été dispatchés dans d’autres structures de la ville au plus proche de leur domicile. La crèche dans une école, Villejuif est la deuxième ville en France a tenté l’aventure.
Vous attendez un enfant ou êtes parent d’un tout-petit de moins de 3 ans ?
Un cocon transitoire
Une porte sépare la crèche de la maternelle. Côté tout-petits, deux pièces consacrées aux activités s’ouvrent sur un jardin ; elles se transforment en espace de repas et dortoir au fil de la journée. « Cela a toujours été mon interrogation ce passage brutal de la crèche cocooning à l’école », affirme Frédérique Orsi, directrice de la crèche qui a vécu cette étape douloureuse avec sa fille.
Pour ce projet Passerelle, les quinze futurs écoliers ont deux ans. « On va travailler sur la socialisation, la scolarisation et l’autonomie », explique la responsable. Dans l’année, elle espère créer des ateliers avec la maîtresse de maternelle pour apprivoiser l’environnement, les adultes de l’école sans pour autant brûler les étapes.
« Ici on va dégoupiller des préjugés entre deux mondes, l’univers de l’Éducation Nationale et celui de la Petite Enfance, conclut avec enthousiasme Anne-Emmanuelle Colas, directrice de la Petite Enfance et de la Parentalité. Cette expérience est très exportable, elle est beaucoup plus complète que les anciens jardins d’enfants. On voudrait d’ailleurs la faire labellisée ! »
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femmes engagées pour entourer et accompagner les familles du quartier de cette crèche d’un nouveau genre.
Ma parole : Nina
« Cette crèche, c’est vraiment l’idéal pour moi. J’habite à deux pas d’ici. J’ai déjà deux enfants scolarisés dans l’école. Ma fille, Noura correspond parfaitement au profil car elle a deux ans et demi. Le lieu fait office de passerelle, c’est très bien. Et le matin, je peux déposer tout le monde à la même heure et au même endroit. »
Nina, 32 ans, en congé maternité
Le mot de l’élue
C’est un projet innovant qui correspond à un réel besoin car nous manquons de modes de garde, notamment dans ce quartier. Une telle structure permet de faire le lien entre le développement du jeune l’enfant et son évolution vers la scolarisation. Par la suite, le développement du Grand Lebon sera, avec plus de places et un relais d'assistantes maternelles, un avatar de notre engagement politique pour la petite enfance.
Parallèlement, nous développons une politique “d’aller vers” pour nous déployer dans les quartiers et remplir une mission de service public pour les jeunes enfants et tous les parents. Dans ce contexte, le Petit Lebon a pu voir le jour grâce au dévouement des agents et de sa directrice et on les en remercie beaucoup.
Sophie Ruiz, adjointe à la Petite Enfance et à la Parentalité de la ville de Villejuif