Le compte est bon !
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Administration
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Cadre de vie
Le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes montre une réelle amélioration dans la gestion des finances de la ville. Dette, autofinancement, achat durable, gestion des ressources humaines… que faut-il retenir ? Décryptage.
CRC, kezako ?
La Chambre régionale des comptes fait figure de juge de paix des finances locales. À intervalles réguliers, cette institution indépendante ausculte la gestion communale, examine l’usage des deniers publics, évalue l’efficacité des politiques menées et formule des recommandations destinées à améliorer le service rendu aux habitants. Présenté lors du conseil municipal du 17 juin, son dernier rapport a livré un verdict sans ambiguïté : la situation financière de la commune connaît une embellie et retrouve progressivement des couleurs.
Pour examiner les comptes, les services municipaux ont transmis pas moins de 1 500 documents et ont répondu à près de 300 questions !
Une dette maitrisée
Entre 2019 et 2024, la Ville a grandement réduit et assaini sa dette d’environ 29 millions d’euros. La durée nécessaire pour rembourser la rembourser est passée de 9 ans à 5 ans, ce qui est désormais tout à fait raisonnable pour une ville de la strate de Villejuif. La Ville a mis définitivement fin aux emprunts toxiques et peut voir l’avenir avec sérénité, notamment en matière d’investissement.
Entre 2024 et 2027, la Ville a prévu d’investir 127 millions d’euros notamment dans la rénovation énergétique des bâtiments et du patrimoine communal, l’acquisition foncière ou la sécurité informatique. Près de la moitié de ces investissements sont financés sans recours à l’emprunt.
Bons comptes, bons amis
Pour assurer la continuité du service public, la Ville passe des marchés publics et achète différentes prestations auprès de fournisseurs locaux. Grâce une gestion plus rigoureuse, les délais de paiements aux fournisseurs est passé de 40 jours en 2019 à 21 jours en 2024.
En réglant plus rapidement ses factures, Villejuif a renforcé la confiance de ses partenaires économiques, soutenu la trésorerie des entreprises locales et respecté ses obligations réglementaires.
De même, la Ville a complétement nettoyé ses créances (certaines très anciennes) et constitue même depuis 2 ans des provisions pour faire face aux litiges éventuels.
18%
C’est le pourcentage moyen supporté par un usager pour un service public. La municipalité a fait le choix de ne pas adosser la tarification d’un service public à son cout réel et privilégie leur accessibilité.
Achat durable : progrès significatifs
Depuis octobre 2024, la Ville a mis en place un politique innovante en matière d’achat durable. Réemploi, réutilisation des matières recyclés, l’objectif est de préserver les ressources autant que possible, et quand c’est vraiment nécessaire, d’acheter local ou responsable.
Cette stratégie villejuifoise en matière de transition écologique est saluée la CRC.
RAS pour les RH
Contrairement au rapport précédent, beaucoup plus critique, le rapport de la CRC ne s’éternise pas sur la gestion des ressources humaines de la Ville. Oui, les dépenses augmentent, en moyenne de 3% par an, liées aux recrutements supplémentaires pour renforcer les services publics, à la déprécarisation et l’accompagnement social des agents ou à l’augmentation du point d’indice.
Mais la masse salariale est maitrisée et les process de recrutement sont réalisées dans les règles.
Transparence, rigueur, cohérence
« Transparence, rigueur, cohérence, sont les maitres mots aujourd’hui. Je suis fier du travail engagé par les élus et les services municipaux pour remettre la gestion des comptes sur de bons rails. Tout n’est pas encore parfait. Mais force est de constater que la trajectoire est bonne. »
Pierre Garzon, maire de Villejuif
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Le constat premier est l’amélioration de la situation financière de la Ville depuis 2020. La Chambre souligne notamment le redressement de nos finances, une meilleure capacité d’autofinancement et une nette diminution de l’endettement. La capacité de désendettement est passée de plus de neuf ans en 2019 à moins de cinq ans en 2024. Cela signifie que la Ville a retrouvé des marges de manœuvre tout en développant un niveau élevé de services publics pour les habitants.
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Il met en avant plusieurs progrès importants. Contrairement à 2019, aucune recommandation ne nous est faite concernant la transparence dans les recrutements des agents ou dans la passation des marchés publics. Je m’en félicite et j’en félicite les équipes concernées. La Ville a renforcé son organisation financière et amélioré ses procédures internes. La Ville paie aussi beaucoup plus vite ses prestataires qu’avant et c’est souligné par la Chambre. Ces avancées témoignent d’une administration plus efficace et plus sécurisée.
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Oui. C’est un point important. Le rapport souligne la cohérence des orientations portées par la municipalité, notamment en matière de transition écologique et de maîtrise du développement urbain. Dans un contexte de grandes transformations du territoire, avec l’arrivée du Grand Paris Express et de nouveaux projets d’aménagement, la Chambre constate que la Ville agit avec un volontarisme et une vision claire.
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Trois thèmes ont fait l’objet d’un examen particulier : la sécurité informatique, les politiques de solidarité et les achats publics. Le rapport met en lumière les efforts réalisés dans ces domaines, notamment le renforcement de la cybersécurité, l’évolution de notre action sociale et le développement d’achats plus durables et responsables.
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J’y vois avant tout une reconnaissance du travail accompli collectivement par les élus et les agents municipaux. Ce rapport confirme que les choix engagés ces dernières années produisent des résultats. Bien sûr, nous continuerons à améliorer nos pratiques, mais il constitue un encouragement à poursuivre une gestion rigoureuse et ambitieuse au service des Villejuifoises et des Villejuifois.
Et pour tendre vers les félicitations ?
Tout n’est pas parfait pour autant. La CRC identifie trois points d’amélioration pour la Ville : les régies, les restes à réaliser (RAR) et l’inventaire des biens communaux. Le rapport souligne d’abord un manque de contrôle des régies, qui permettent à certains agents d’encaisser des recettes ou de régler des dépenses pour le compte de la collectivité. La Ville rappelle que des contrôles réguliers ont été menés jusqu’en 2024 et qu’elle a choisi, l’an dernier, de supprimer l’ensemble des régies en accord avec le comptable public.
La CRC appelle également à une vigilance accrue sur les RAR, correspondant à des dépenses et recettes d’investissement engagées mais non encore payées ou encaissées. La municipalité souligne leur forte baisse depuis 2020 et la création de services administratifs et financiers dans plusieurs directions afin de renforcer la chaîne comptable.
Enfin, la CRC recommande la réalisation d’un inventaire physique des biens communaux. Une démarche soutenue par la Ville, qui indique qu’aucun inventaire n’avait été effectué à Villejuif depuis de nombreuses années.
Locaux municipaux : l’observation de la CRC
C’est le seul point réellement critique du rapport qui relève davantage du débat politique que de la gestion financière ou administrative. La Chambre estime que les conditions financières d’une mise à disposition de locaux pour l’Association des Musulmans du Val-de-Bièvre devraient être réexaminées.
Depuis plus de vingt ans en effet, la question d’un lieu de culte musulman adapté se pose à Villejuif. Une solution provisoire s’est installée depuis 2011 et a créé une situation de fragilité pour les fidèles concernés. Depuis 2020, la municipalité a poursuivi le dispositif initial et accompagne l’association dans la construction d’une solution permettant de répondre durablement à cette situation.
La Ville agit dans le strict cadre de la loi, avec la volonté de garantir à chacune et chacun la liberté de conscience et la possibilité de pratiquer sa religion dans des conditions dignes. Il ne s’agit ni d’un privilège ni d'une remise en cause de la laïcité, mais d’une application concrète et équilibrée des principes républicains aux réalités de notre territoire.
Tout le monde en parle
Malika Kacimi, maire-adjointe, groupe Réinventions Villejuif, écologiste et socialiste
« Le rapport met en lumière toutes les initiatives mises en place et tous les efforts réalisés pour assurer une meilleure gestion financière de la ville. Les principes de précaution, de sincérité et de transparence ont toujours guidé la préparation budgétaire Il apparaît que cela est reconnu par la Cour. »
Cindy Girard, maire-adjointe, groupe Villejuif Insoumise
« Les comptes ne sont jamais une fin en soi. La rigueur que la Chambre appelle de ses vœux, nous la ferons nôtre, parce qu’un euro mieux suivi est un euro rendu utile aux Villejuifois et aux Villejuifoises. La Chambre constate d’ailleurs une amélioration réelle de la situation financière : une capacité de désendettement renforcée, une dette ramenée de 112 à 84 millions d’euros. »
Thierry Duboc, maire-adjoint, groupe Les écologistes
« Le groupe des élus écologistes et citoyens retient principalement du rapport l’amélioration de la situation financière de la ville de Villejuif. La ville de Villejuif a réduit et assaini sa dette. Elle dispose maintenant d’une bonne capacité d’autofinancement et d’une bonne capacité de désendettement. La Chambre salue le volontarisme de la ville en matière d’achats publics durables et d’électrification du parc automobile. »
Philippe Meyne, conseiller municipal délégué, groupe Générations et citoyens
« Pour le groupe Génération citoyenne, on prend acte des conclusions du rapport de la Chambre régionale des comptes. Nous avons jugé que les remarques sont d’ordre plutôt technique et nous sommes tout à fait confiants pour que les correctifs nécessaires soient apportés. C’est assez normal qu’il y ait parfois des soucis liés à la complexité de gestion d’une ville comme la nôtre. »