La caravane de la mémoire : un projet artistique villejuifois
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Culture
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Jeunesse
La Caravane de la mémoire fait dialoguer les générations autour de la migration, à travers des témoignages et une exposition immersive mêlant objets anciens et contemporains.
Publié le 22 octobre 2026. Contenu vérifié le 22 octobre 2026
Croiser les récits d’adolescents et d’anciens autour de la migration
À l’origine du projet, un constat d’Elsa Goulley, comédienne et auteure de la compagnie Les Fleurs de bonne volonté : « On s’est rendu compte lors d’ateliers d’écriture que les enfants avaient une très vague idée de l’histoire. » Avec Apolline Vitse, elle a imaginé ce projet artistique pour croiser les récits d’adolescents et d’anciens autour de la migration. Les entretiens ont été réalisés au tiers-lieu KVRN et au pied des immeubles des quartiers Lebon-Lamartine et Vercors-Chastenet.
Les deux artistes ont ensuite conçu une exposition immersive dans laquelle des objets d’hier et d’aujourd’hui accompagnent la diffusion des témoignages. « Si les jeunes ne connaissent pas bien l’histoire, les anciens ne comprennent pas vraiment le monde actuel », souligne Apolline Vitse. « Mélanger ces objets traduit ce dialogue entre des époques familières des uns et étrangères aux autres. »
3 questions à Elsa Goulley et Apolline Vitse
Comment vous est venue l’idée de la caravane de la mémoire ?
Elsa Goullet : C’était lors d’un projet de médiation culturelle appelé « Souviens-toit ». On proposait des ateliers d’écriture à des jeunes de CM2 et on s’est rendu compte qu’ils avaient une très vague idée de l’histoire. Les années 1920, 1950, 1970 étaient toutes mélangées. Pourtant, certains avaient leurs parents et leurs grands-parents qui avaient connu ces époques mais ils ne transmettaient pas forcément leur vécu à leurs enfants. Beaucoup sont arrivés en France dans ces années-là mais ces parcours sont très mal connus des plus jeunes. C’est donc pour restaurer ces liens intergénérationnels qu’on a imaginé La caravane de la mémoire qui tourne autour du thème de la migration.
Comment s’est déroulé le projet ?
Elsa Goullet : On a organisé des sessions d’interviews enregistrées de plusieurs personnes âgées dans le tiers-lieu la KVRN. D’autres ont refusé de parler, traduisant un certain tabou sur ces histoires personnelles. On a également tendu notre micro auprès de jeunes des quartiers de Lebon-Lamartine et du Vercors – Chastenet qui se retrouvaient en pied d’immeuble ou sur des terrains vagues. Ce sont de vrais lieux de sociabilité pour ces jeunes qui qualifient d’ailleurs leur quartier comme leur lieu d’appartenance.
Comment allez-vous valoriser ces témoignages ?
Apolline Vitse : Nous avons imaginé une exposition immersive à la KRVN. En plus de transformer les lieux avec un parcours pour le visiteur, ce dernier verra des œuvres qui mélangeront des objets anciens à de nouvelles technologies pour diffuser les enregistrements. Si les jeunes ne connaissent pas bien l’histoire, les anciens ne comprennent pas vraiment le monde actuel. Mélanger ces objets traduit ce dialogue entre des époques familières des uns et étrangères aux autres.